mercredi 9 décembre 2015

soleil de 11h. depuis la cuisine

Quelle journée...
Comme tous les mercredis, on va dire.
Petit G. a chopé un virus fievreux-boutonneux chez la nounou et est resté à la maison les trois derniers jours. Mister T. l'a gardé lundi, moi mardi et mercredi. Demain, c'est belle-maman. Au moins, nous, on ne le ramène pas tout contagieux...(suivez mon regard, je suis verte, mon fils est rouge d'éosine). Bon.
Au moins j'ai pu sortir la tête du lycée, de mes copies, de tout le reste et me concentrer sur le produit à haut investissement le plus précieux qui soit, lui. La C. a continué à aller à l'école comme si de rien. Juste la fatigue, énorme, de la fin de période. Les colères matinales parce que tel pull gratte, et que le col roulé est un peu trop serré (routine, mais qui me fait hurler tout de même, tous les matins ou presque)
Hauts les coeurs.

Pour ne pas prendre ma tête dans mes mains et pleurer, parce que sinon c'est la fin mes amis, j'ai quelques techniques qui marchent pas mal. Encore faut-il y croire dur comme fer, au moment où on les met en pratique. A savoir que parfois, par auto-complaisance, on préfère ne pas y croire.
*rien ni personne n'est parfait et ne doit forcément essayer de l'être. ma fille peut sortir coiffée comme un as de pique, mon fils peut avoir le même body depuis 3j (plein d'éosine, donc pour ne pas en pourrir deux je garde le même -pour ne pas que vous croyiez que, quand même, question hygiène...), et moi ne pas avoir fait mon trait d'eye-line, eh bien CE N'EST PAS GRAVE.
*d'ailleurs, se dire que soit on aura oublié cet épisode dérisoire de la vie de famille, soit on en rira. Un jour. Ou même, quelques heures plus tard.
*au moment de la crise (pleurs en stéréo, etc), aller un peu plus loin et fixer un objet (la tranche d'un livre dans la bibliothèque ce matin, très inspirante). comme par magie, la tension descend, et parfois le calme revient tout seul.
*ne pas s'arrêter de vivre pour le "bien" de ses enfants. Ma mère ne faisait que le ménage quand j'étais petite, elle n'a jamais joué avec nous. Bon, j'aurais trouvé cela sympa d'être un peu plus complice avec elle, mais finalement j'ai trouvé de beaux moments dans ma solitude (que j'affectionne encore aujourd'hui). Donc, aller se faire un thé, lire le Elle à 18h, tricoter, mettre de la musique d'adulte. Les comptines, c'est dans la chambre ou dans la voiture.

Je vous assure que ce matin j'avais vraiment, vraiment très envie de pleurer. Je repense à mon boulot tout le temps, la pression que je me mets, qui vient d'une foule de choses (demandes contradictoires des élèves "on veut que vous expliquiez plus, on ne comprend pas" vs "c'est trop facile, on veut des documents plus littéraires"; les évaluations incessantes, pour tout, tout le temps; l'envie d'en parler autour de soi mais trouver souvent l'incompréhension -"bientôt les vacances, allez !" Oui c'est super les vacances, je préférerais en avoir moins et avoir une charge de travail amoindrie aussi pendant la semaine. C'est dit...ma vie de famille c'est presque zéro en ce moment, et samedi matin et lundi soir c'est réunion parents-profs au lycée. L'année dernière, je m'étais fait agresser par une mère d'élève très remontée, qui semblait en savoir plus sur mon métier que moi. Je pense que le traumatisme est encore présent. C'est con mais j'ai peur. Les gens jugent tellement vite. Tellement mal...)

Mais ce soir (après le saut de paragraphe, parce que je sentais que ça revenait), ça va.
Il y a le sapin dans le salon. Le calme de la maison sans l'homme, en déplacement. La tisane sur le coin du bureau. Les manuels dans le sac, prêts pour demain. La tenue à préparer. La tête un peu vidée par les deux jours à la maison.
Je cherche des moyens de déconnecter de l'école/le lycée. C'est une nécessité. Faire le vide total pour mieux revenir, le soir, à mon bureau. L'an prochain, je reprends le sport.
Vous avez des techniques ?
A bientôt...

6 commentaires:

  1. Hello Marion,
    un peu d'encouragement!!! C'est vrai que nous fatiguons toujours sur ces semaines (et je compatis pour les réunions, pour moi c'est deux soirs la semaine prochaine, le pompom des derniers jours!). Les virus trainent (ici c'est moi...).
    Mais ce n'est pas qu'une question de période, tu as raison, c'est aussi une question de rythme, et je te rejoins: c'est l'accordéon entre ces moments un peu légers - rares- et les tunnels de travail qui empiète sur tout (la maison, les enfants, le mari, la nuit...) qui sont difficile à gérer. Pour peu qu'il se superposent à un moment où l'on a des envies/obligations (le marché de noel de l'école, les anniversaires des petits copains, l'envie de faire tranquillement son sapin...) c'est très compliqué! Ce n'est pas en toi que se trouve le pb, c'est l'organisation elle-même qui ne va pas!
    Pour les questions boulot, je comprends tes interrogations, qui traversent plus ou moins tous les profs même si les sujets auxquels ils se les posent varient. Ma technique perso c'est à un moment d'assumer un choix et de me dire que je le repense à la fin de la séquence si besoin (ou plusieurs). ça ne marche pas toujours, ça dépend des classes aussi. D'ailleurs, comme j'ai comme toi des grands, j'explique ce que je change, pourquoi, jusqu'à quand. Bon pour beaucoup ça leur passe au-dessus de la tête mais ça m'en gagne toujours quelques uns.
    Pour déconnecter je n'ai pas toujours la solution! Je me suis remise au sport (j'ai un mari qui court, il m'a un peu forcée, mais je ne suis pas toujours assidue!); et puis j'essaie de garder un peu de lecture du soir obligatoire, même 5mn, et tu vois ça ça marche, depuis deux ans (mais mon dernier est plus vieux, ça compte) je relis vraiment, et cela me fait tellement plaisir, pour la lecture elle-même et par l'impression que cela me donne de ne pas oublier de me cultiver un peu.
    Je termine mon looooonnng commentaire par quelques petits mots pour Gus et son eosine: bon rétablissement au petit filou à l'air coquin!
    Des bises
    Florence



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  2. aie, outche, dure, dure, la dernière ligne avant les vacances (qui seront fatigantes en plus avec les fêtes)! Je te comprends à 300% pour les crises à gérer, le stress du travail, le stress des parents d'élèves, l'envie d'avoir moins de vac mais moins de travail at home...Hier, j'ai hurlé comme une poissonnière parce que numérobis ne voulait plus faire ses inhalations après quasi 1 mois de crobes(on y a tous droit)! Une folle, je dirais! heureusement que la grande a géré, je menaçais de l'égorger!!! :-(

    Pas de recette, pas d'idées, pas de conseils, je risquerais juste de pleurer avec toi ;-)

    Bises, bises, des tonnes de courage
    lolabelle

    PS: j'imagine que les patrons sont le cadet d etes soucis, fais moi juste signe si tu veux que je t'envoie le bouquin!

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  3. Coucou Marion, hé bien tu sais, des techniques il n'y en a pas... Je m'explique, je me revoies vingt ans en arrière (déjà...) et j'étais comme toi à la trentaine, ma fille petite et l'Homme à sa "C"arrière...Et moi, le boulot, les maladies enfantines, la maison à gérer bref. Et tu sais quoi ? J'ai survécu ! Loin de moi d'écrire cela de façon ironique mais j'aurais dû lâcher-prise et je ne le savais pas. La pression ce n'est pas les autres mais toi qui te la mets (enfance bonjour), mais tu le sais déjà...Ne te gâches pas la vie, on n'en profite pas. C'est dingue, je te suis depuis le début et je me retrouve tellement à ton âge dans tes écrits. C'est à la légèreté et au recul qu'il faut essayer d'accéder. Alors bravo pour le body (j'ai pas dit dégueu !),"On en rira. Un jour". Et tu sais quoi ? C'EST VRAI. Des bisous

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  4. Pardon, c'est truffé de fautes !

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  5. Ah ça, les enfants malades qui filent leurs virus à tous les autres...Que n'ai-je pesté en vain contre ce fléau dans le passé - curieusement, ça arrivait bien plus souvent quand mes gamins étaient dans le privé...Parents qui raquent tellement en frais de scolarité qu'ils veulent "amortir" coûte que coûte?...Ici aussi, semaine éreintante avec deux sur trois malades à la maison sur mes bras toute la journée et rattrapage du travail non fait le soir...Je ne me plains pas, ils ont été globalement plutôt faciles...Je suis comme ta mère, je m'en fais souvent la remarque. Pas moyen de jouer avec les enfants. Ca me saoule. Point barre. A part les échecs avec Elior, le reste, j'y arrive pas. Je fais suffisamment de choses pour eux, j'estime qu'ils survivront sans...même si j'ai de super souvenirs de ma mère qui le faisait, et beaucoup. Chacun son truc. Moi, je n'ai pas de patience et pas assez de temps libre pour ça - et je suis super maniaque, comme ta mère, je suis tout le temps en train de ranger ou nettoyer quelque chose, pfff...Bon courage pour les réunions de parents relous...Avec un peu de chance, tu en auras aussi des sympa et reconnaissants. Bonne guérison aussi à Gus. Je file sur ces bonnes paroles. Il est super tard, je traîne sur l'ordi, contrairement à toi, rien n'est préparé (tenues, etc), je suis encore dans mon lit et j'entends les petites voix dans les chambres qui viennent de se réveiller...La cohue du matin à la bourre commence! Bisous!

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  6. Je me demande encore souvent comment je faisais pour déconnecter du travail quand les filles étaient petites : il me suffisait de respirer leur cou et je pouvais oublier les difficultés liées au boulot. Aujourd'hui après huit heures de sophrologie payées par mon employeur et de l'entraînement je possède quelques moyens pour vivre "ici et maintenant"...et puis il y a les cours de Pilates...tous les lundis soir pour commencer la semaine sereinement...et il y ma famille, mon mari, mes filles et mes deux "jolis garçons". Voici quelques pistes. Reprends le sport dès que tu pourras puisque l'envie est là.
    Je me permets de t'envoyer un questionnaire étude de marché réalisé par ma fille pour sa création auto-entreprise d'architecte d'intérieur.
    Je te souhaite un très bon et doux week-end en famille.
    Bises

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