samedi 2 avril 2016







La dernière semaine a été assez éprouvante.
Gustave a une bonne crève et se réveille la nuit pour réclamer à boire. Une nuit à minuit, une autre à deux heures...grrmmppf.
Je me suis fait la réflexion que, tout de même, j'avais retrouvé ma forme normale, et qu'une nuit hâchée ne me mettait pas à plat comme elle l'aurait fait il y a un an. Ce constat me rassure...je récupère un stock d'énergie vitale qui avait été bien trop épuisé pendant les mois qui ont suivi la naissance de Gustave. Je dirais presque que le traumatisme des nuits affreuses commence à s'en aller (ouf)

Au niveau des cours, ça a été mais sans plus.
Je me suis couchée bien tard pour finir mes préparations et corrections, jeudi soir j'étais encore à mon bureau à minuit moins le quart faisant le constat amer que je ne pourrais pas finir pour leur rendre avant les vacances. Je déteste ce sentiment d'inachevé. Le lendemain, j'avais donc des cernes ET un sentiment terrible de culpabilité (en prenant du recul, c'est un peu nul mais c'est comme ça !).
Je me suis fait la réflexion, encore une fois, que je faisais trop de devoirs. J'ai une cadence de corrections élevée, et en reprenant à temps plein l'an prochain j'ai peur de ne pas tenir le coup. Le malaise tient, à mon avis, à deux choses: la réduction du volume horaire du cours d'anglais par classe, et ma conscience professionnelle. J'imagine que dans beaucoup d'autres domaines professionnels, la collision entre les coupes budgétaires et l'exigence de rendement pose les mêmes soucis.
Je donne un exemple. En terminale, les élèves n'ont que deux heures d'anglais. Seuls les TL ont une option littérature en langue anglaise et une option d'anglais approfondi s'ils le souhaitent. Pour tous, on doit les entraîner à l'examen écrit (compréhension écrite et expression écrite) et aux examens oraux (compréhension orale et expression orale).
Avec l'exigence des textes littéraires (même si pas que, on travaille sur des images et des vidéos, mais rien ne remplace un texte pour apporter du vocabulaire et des structures grammaticales), l'exigence de les faire participer (note d'oral, cours qui doit être vivant même si parfois, eux comme nous, on aime pas trop s'exprimer sur un sujet mais le laisser faire son chemin en nous, en silence) et l'exigence d'un niveau global de compétences élevé (programmes)...ça fait du taf. Et j'ai trois terminales, une première et deux secondes. A temps plein, on a souvent huit classes en Anglais, voire plus. Gloups.

Je commence donc en vacances avec des choses à terminer et d'autres à avancer, je peux plus raisonnablement laisser le cartable fermé...je me suis déjà habituée, en me faisant violence, à m'assoir à mon bureau à des heures où je ne travaillais jamais avant. J'imagine qu'avec le temps ce nouveau rythme sera devenu une habitude, et que je serai plus à l'aise avec.

Mais hier soir, j'étais invitée à un repas avec mes anciens collègues du collège (dont certains sont également partis ailleurs), ça m'a fait un bien fou...On a bien rigolé.
Et peu avant minuit j'ai repris ma voiture le coeur plein de gratitude...il y a des gens avec lesquels les choses sont plus sympa. Heureusement que j'ai trouvé une nouvelle collègue au lycée avec qui le courant passe très bien, sans elle je n'aurais peut-être pas tenu dans ma nouvelle équipe. La chaleur du collège me manque, mais je me suis faite à autre chose. Retrouver les sourires et les conversations légères m'a reboostée, il y avait un pincement au coeur mais qui n'a pas versé dans la nostalgie. Juste apprécier le bonheur dans le  moment présent, voilà la philosophie vers laquelle je tends...

Pour le moment, tout en triant mes affaires sur mon bureau, je m'autorise quelques rangs de tricot (un bonnet pour la fille de mon cousin, qui a déjà trois mois...hum) et des rêvasseries en lisant deux beaux livres sur les petits jardins trouvés chez mes beaux-parents; je crois qu'ils ne sont plus édités.

Je vous souhaite un bon week-end, n'hésitez pas à laisser un petit mot, ça fait toujours plaisir...



6 commentaires:

  1. Hahaha...Je vais te faire culpabiliser encore plus, mais c'est clair que la bonne grosse "polarde" que j'étais mourait littéralement de désespoir quand les profs ne rendaient pas les copies avant les vacances :-)
    Sinon, oui, les nuits d'enfer avec les bébés chouineurs...Que de souvenirs...Je me demande bien comment j'ai pu survivre à trois d'affilée...
    Bisous!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ahah, arrête !! franchement je déteste, mais j'ai pas pu faire autrement ! Un truc qu'on avait pas avant, c'est qu'on peut mettre les notes sur le site du lycée, ça leur permet de mettre fin au suspense insoutenable (pour certains !)
      quant aux nuits, je crois qu'on est en mode "marathon" tant qu'on a des tout petits. Ensuite, on se rend compte que l'on mérite une médaille...
      bises

      Supprimer
  2. Tu parles bien de ton travail et du rythme épuisant, ainsi que des absurdité de programme (temps imparti / exigence d'apprentissage). Pas facile de trouver le bon équilibre pour tous ! (élèves et toi).
    De mon côté, j'ai des séances d'ateliers avec des petits groupes d'étudiants et même si c'est fatigant (debout toute la journée par ex., je ne suis pas habituée !), c'est génial au niveau pédagogique. Du coup samedi , alors que je me sentais "à plat", j'ai réalisé qu'en fait c'était de la "fatigue joyeuse" !! Allez, encore une semaine "normale", puis une semaine d'atelier et enfin les vacances ! Bon week-end et profite du jardin, des enfants...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. je vois tout à fait ce qu'est la "fatigue joyeuse", ça m'arrive souvent en fait ! quand j'ai fait un cours qui a bien marché, quand j'ai eu un retour positif...j'imagine que les ateliers apportent beaucoup. La pédagogie de projet est parfois difficile à mettre en place car les élèves ne se mobilisent pas toujours (ne voient pas l'intérêt ...) mais quand ça fonctionne c'est super.
      je vais bien profiter du repos, c'est sûr !

      Supprimer
  3. arf,chaque fois que tu parles de ton travail, je ne peux pas m'empêcher de me demander comment tu fais? Bon, les prises de tête au taf sont le lot de beaucoup, c'est sûr, mais ce travail, quand même...je te tire mon chapeau pour arriver à maintenir le "bateau à flot" je crois que je me serais laissée engloutir par la pression psy de ce job!
    Profite quand même des vacances pour recharger les batteries :-)

    et si tu as des conseils pour recharger les miennes je prends car pour ma part, je n'arrive plus à remettre mon corps en état de marche, trop de fatigue, de stress en tout genre (et dire que je n'ai pas encore repris le boulot), je sens que je suis sur une très mauvaise pente à être à cran tous les jours physiquement, moralement et envers les petits! hauts les cœurs c'est le printemps paraît-il...

    lolabelle
    PS:j'espère que tu as le moral parce que c'est pas mon com qui va t'aider ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. hello,
      alors, qué passa ? C'est peut-être l'angoisse de la "reprise" ? Ca va aller. Et puis, on sort de l'hiver, on est à plat, c'est normal. Ton mari est assez présent pour que tu puisses relâcher la pression, et/ou pleurer un petit coup ?
      Courage !
      quant à mon boulot, une chose est sûre, c'est que soit je fais un burn-out l'an prochain soit j'apprends à relativiser et mettre la barre moins haut. Difficile mais il en va de ma santé.
      bises !

      Supprimer