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| Ernest Hemingway avec sa femme Martha Gellhorn |
Ca faisait un moment que je tournais autour, sans savoir.
D'abord, il y a eu ce constat, presque amusé tellement il me semblait ridicule: je n'ai lu qu'un seul livre en un an. Le dernier, c'était Americanah, de Chimamanda Ngozi Adichie, que j'avais dévoré. Depuis, rien.
Je n'ai pas regretté cette absence de lecture, tout au plus ressenti un petit pincement au coeur en passant devant le rayonnage de livres à lire dans ma bibliothèque. J'arrive bien à accepter l'idée que je ne suis pas une sur-femme; après trois journées (le lycée, les enfants, le travail au bureau) et tout le reste, vraiment pas de quoi arriver à lire un paragraphe le soir.
Je me suis aussi dit l'autre jour que mes références de bouquins étaient très classiques; parmi les auteurs vivants, peu sont ceux que j'ai lus à vrai dire. J'adore Tracy Chevalier, Nancy Huston, et voilà je sèche. En parcourant quelques profils Instagram, et en lisant tout bonnement mon ELLE tous les samedis matins, je me suis rendue compte qu'il y avait beaucoup de gens qui écrivaient, et apparemment des choses bien, et beaucoup de gens qui lisaient ce que les premiers avaient écrit.
L'autre jour, j'ai pris un bouquin sur le rayonnage en passant dans le couloir. La chatte de Colette. J'ai prévu de rendre ce bouquin prêté à sa propriétaire (Cécile Gris Souris) prochainement, alors comme je l'ai chez moi depuis un an, il fallait un peu se magner.
Je l'ai lu en deux jours.
Bon, le plus important, ce n'est pas la vitesse de lecture bien sûr, même si elle m'a bluffée.
Ce qui m'a saisi, c'est le plaisir. Je l'avais déjà évoqué ici je crois...cette fois-ci il était encore plus accru, parce que je m'étais fait porter par les mots de Colette aussi doucement que le héros, Alain, caresse l'échine de sa chatte chérie...
J'ai eu des envies pleurer, parce que j'étais émue, par le simple fait de pouvoir rêver un peu éveillée, 5mn par-ci, 10mn par-là. Quelle joie c'est !
Dans une interview de David Lodge donnée à Télérama il y a quelques semaines, il faisait cette réflexion très juste; qu'est-ce qui dépeint le plus sur l'autre, de la vie et de l'art ? Les quais de la Seine ne seraient-ils pas moins beaux s'ils n'avaient pas été représentés par des peintres et romancés par des écrivains ? N'ont-ils pas ce supplément d'âme que leur confère l'art ? Une fois que le réel se teinte de fiction, n'y devient-il pas intimement lié, pour ne plus pouvoir être vu sans elle ?
J'avais déchiré la page du Télérama (et l'avais perdue, sinon je citerais le texte précis -et sinon c'est pas drôle) et avais tourné ces mots dans ma tête.
Ces derniers jours, j'ai le vent salé-sucré de Key West qui traverse ma maison, sous mes pieds nus au petit matin j'imagine le carrelage de la maison de Hemingway et Fife, en 1938.
Parfois quand le soleil tape je m'imagine dans la maison du sud de la France, avec un maillot des années 20 et des vagues savamment travaillées dans les cheveux.
Je lis Mrs Hemingway de Naomi Wood.
4 récits de chaque femme qu'a épousé Ernest Hemingway. Envoûtant...
Ce qui me saisit, c'est non seulement le plaisir de lire, mais aussi ce sentiment vif d'avoir retrouvé ce qui me manquait. Une teinte supplémentaire à mon quotidien, comme un filtre instagram parfait couplé à la musique parfaite, qu'on avait oubliée et que l'on retrouve par hasard.
edit: et vous savez quoi, Martha Gellhorn, troisième femme d'Hemingway, fut le grand amour du beau-fils de Colette. Coincidence amusante, non ?


Merci pour ce titre, je le note ! De mon côté, si je n'arrive pas à lire un soir, au lit, avant de dormir, c'est que j’atteins la limite extrême de mes forces ! Cela l'a fait la semaine dernière, je ne pouvais plus, je n'en pouvais plus. Mais sinon, j'ai tellement besoin de lire. J'ai aussi la chance de faire les trajets entre chez moi et mon travail en tramway, ce qui me donne presque 30 minutes assises, tranquillement, à lire ! Je lis rarement à l'aller ET au retour, je suis souvent trop fatiguée en rentrant, mais ça me fait quand même une pause.
RépondreSupprimerTu décris bien les ambiances des lieux de ce livre, cela me fait drôlement envie > c'est sur mon carnet !
Bon courage pour la dernière ligne droite. Moi j'ai encore un mois à tirer. On va y arriver ! bises.
c'est super les transports en commun pour lire. quand je prenais le train j'avais aussi du temps de lecture, j'aimais bien...
Supprimerbon courage pour la fin !
Je lisais très peu à Bruxelles, et depuis que j'ai déménagé à Ambérieu, je n'arrête plus. La médiathèque est un de mes lieux favoris ici, elle est très belle, les bibliothécaires sont super sympas et leur sélection est géniale. Joachim adore y aller aussi donc on y va une fois par semaine et à chaque fois, je suis surprise d'avoir lu tous les livres empruntés la fois d'avant ! Mais du coup je dors beaucoup moins...
RépondreSupprimerJe trouve la réflexion sur le supplément d'âme apporté par l'Art aux lieux très vrai, maintenant que j'y pense. Merci de l'avoir partagée !
c'est super. la médiathèque c'est vraiment un chouette endroit, j'y passerais des heures aussi dommage qu'elle soit excentrée à Nancy.
SupprimerMais j'aime aussi m'acheter des livres, les garder, les prêter...
à bientôt
Ah les livres ! Je ne pourrai pas m'en passer et je me sais bien chanceuse de pouvoir me plonger dedans très régulièrement que ce soit à ma pause déjeuner ou bientôt dans le train. J'aime tellement voyager, découvrir, vibrer par la lecture que je ne pourrai pas vivre sans. Je ne connais par Mrs Hemingway, je vais le noter sur ma liste.
RépondreSupprimeroui tu as de la chance !
Supprimeraprès, je choisis(sais) souvent des classiques, en anglais, donc la lecture est plus fastidieuse. Je crois que j'en ai marre...