Je me suis fixé une durée max pour l'écriture de ce billet, qui arrive bien tard et qui (je me répète, cela m'effraye) ne devrait pas exister...pourquoi ai-je toujours envie d'écrire quand ce n'est pas le moment ? Peut-être parce que justement c'est devant le mur que l'envie de s'exprimer est la plus forte, parce qu'après, il sera trop tard...J'ai attendu, j'avais plein de choses à dire, une idée de billet par jour, des pensées à partager. Et puis le rythme de la vie m'a amenée à délaisser internet, à me détendre et faire autre chose de mes dix doigts qu'écrire ici.
Je suis fraiche et dispose pour la rentrée. Ce n'est pas à chaque fois le cas. Je me suis vraiment reposée cette fois-ci. J'ai même pu corriger quasiment toutes mes copies (75, il m'en reste 12, mais demain j'ai quatre heures de trou alors je pourrai terminer), réfléchir à la suite, ranger un peu mon bureau. Faire garder mes enfants m'a épargné la crise de nerfs de fin de vacances, celle qui gâche tout, celle qui fait pleurer et regretter de faire ce métier. Quand nous avions les enfants, nous avons bien profité et c'était très agréable, de les avoir pour moi notamment aujourd'hui, de les avoir avec Mister T. pour faire une petite virée à la campagne voir la famille. C'était parfait.
Cependant, j'ai rapporté de chez mes parents un petit arrière-goût triste, qui ressort quand je pense à eux. C'est arrivé au détour d'une phrase ou deux, dites maladroitement. Ecouter ma mère râler et critiquer les autres, c'est maintenant quelque chose que je supporte assez bien, parce que ce n'est plus dirigé contre moi, et que je connais son mode de pensée...mais là, elle était de mauvaise humeur car ma grande soeur était là, et la configuration familiale n'était plus tout à fait la même, alors...c'est revenu. Comme un coup de poignard qui s'enfonce profondément dans le coeur, j'ai reçu les remarques qui lui ont échappé mais n'ont échappé à personne. Furtivement, avec un ou deux mots, blesser...incroyable.
Ce travail que j'ai fait depuis des années sur moi-même pour comprendre son fonctionnement, ne pas en être atteinte car ne pas en être dupe, toute cette mise à distance, ça m'aide. Mais ça n'enlève pas la grande tristesse de voir que de son côté, rien n'a changé. Tout est pareil, les ruminations, l'égoïsme, l'agressivité.
Il y a quelques années, sur mon ancien blog, j'avais écrit un très long message, car j'étais alors en colère. Je me rappelle mon désarroi, ma rage.
Aujourd'hui, je ne peux plus dire qu'elle ne m'aime pas. Je ne peux plus dire qu'elle n'a pas de coeur. J'ai appris à l'accepter telle qu'elle est, comme n'importe-qui. Prendre ce qu'il y a de bon et laisser le moins bon. Savoir retenir mes mots quand je sais qu'ils sont inutiles. Commencer à être moi et m'aimer, en dépit de son regard dur, laisser couler. Trouver un équilibre entre résistance et passivité.
Elle a emmené ma fille se faire couper les cheveux en me disant qu'elle était d'accord. En fait, elle ne l'était pas et a pleuré tout le long de la coupe (je ne l'ai appris qu'après). C'est tout à fait elle.
Là, ça fait mal car ça touche ma fille. Et ça rajoute un nouveau noeud au fil.
Oh, comme je serais énervée si quelqu'un - même ma mère - amenait un de mes gosses chez le coiffeur derrière mon dos :-)
RépondreSupprimer(je suis assez obsédée des belles coupes de cheveux ceci dit, alors imagine quand Liram s'est massacré à la tronçonneuse la semaine dernière, lol)
Bisous!
difficile de dire quelque chose de pertinent! J'en connais trop peu sur ta maman et tes relations avec elle mais pour le coup de la coupe, j'aurais spontanément envie d'écrire que si ça ne t'a pas convenu alors faut lui dire, sans agressivité mais fermement! Une autre idée a pointé mais je peux me gourer totalement, peut-être qu'elle agit ainsi car elle sent qu'elle peut le faire et qu'elle a une "prise"! Facile à dire, je sais et puis dans ce cas, tu ne serais en rien responsable mais peut-être juste une piste pour prendre du recul, arriver à ne plus rentrer dans son jeu, que ça ne te touche plus tout en la remettant à sa place...bon, j'espère ne pas sortir un ramassis de conseils dignes du café du commerce!
RépondreSupprimerEn tout cas, je te souhaite de trouver la sérénité dans ta relation avec elle!
lolabelle
Je trouve ça très grave et choquant cette histoire de coupe de cheveux... Elle t'a menti, et en plus elle a fait souffrir ta fille consciemment. Une manière de prendre le contrôle (bon, je ne suis pas psy, j'en sais rien en fait ;-) ?
RépondreSupprimerJe t'avoue que je n'aurais pas aimé non plus que quelqu'un prenne l'initiative de faire couper les cheveux à ma petite fille. Quelquefois, il est tellement difficile de comprendre pourquoi les autres agissent comme ils le font. J'espère qu'avec le dialogue, le noeud va se défaire.
RépondreSupprimerTon billet m'a vraiment touchée c'est tellement complexe nos relations avec nos parents , on a tous je crois des noeuds plus ou moins douloureux et plus on a tiré dessus et pendant longtemps plus c'est difficile..... Je crois que parfois seule une saine distance permet de laisser les noeuds se détendre un peu et nos blessures se reposer..... Pour finir sur une note plus positive, c'est chouette de lire que tu as ds l'ensemble trouver un peu de paix et de repos pot tes vacances !!!!
RépondreSupprimerLes relations parent-enfant sont tellement complexes, et nous suivent toute une vie et on arrive même, quand nos propres enfants grandissent, à se trouver dans une relation complexe avec nos parents et nos enfants...Famille je vous aime.
RépondreSupprimerAllez courage, même si ça nous blesse, nous attriste il faut aller de l'avant, et c'est pas toujours facile.